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Dimanche 19 mars, il est 14h. C'est sous un temps mi figue mi raisin que le premier organisateur (nous l'appellerons Raymond, car il désire garder l'anonymat) arrive, se croyant être le premier, car le rendez-vous était fixé à 14h30. Mais c'était sans compter sur la détermination de Nolwenn, l'une des participantes, qui grâce à son vélo Mercier (la meilleure marque), qu'elle avait baptisé Josette à l'occasion, était déjà sur le qui vive, fin prête pour la balade, avec un enthousiasme non dissimulé.

Puis arriva Alice, la révolutionnaire, prête également à en découdre avec les éléments, qui restaient tout de même fort menaçants (à croire que la météo était plus sympathisante du mouvement anti-CPE, que d'une poignée d'individus en quête d'évasion).

Pendant ce temps, Raymond ne restait pas inactif, car c'était la première balade qu'il organisait et il ne voulait rien laisser au hasard. On sentait d'ailleurs dans ses yeux le bonheur à l'idée de faire cette balade, mais aussi l'inquiétude de ne pas être à la hauteur, notamment en cas de problème technique (lui qui s'y connaissait autant en mécanique qu'en biochimie nucléaire).

Puis tout le monde commença à arriver, et des vagues de personnes déferlèrent dans le local (bon des vagues comme on peut en trouver à St Jean de Luz, parce qu'on était que treize personnes, mais bon c'est un début et sûrement pas une fin, et Raymond était content). Chacun se préparait à la balade différemment mais tous s'attendaient à passer un bon moment, notamment Julie et Mikael qui étaient tout fiers de pouvoir essayer nos beaux vélos orange et vert (on a pas les images, désolé).
Tout le monde était fin prêt (il était alors 15h), et Alice donna le signal de départ. Le trajet en ville n'était bien sûr pas le plus passionnant, mais la petite troupe arriva très vite dans la nature sauvage, sur la promenade de Bellevue (qui est un ancien chemin de hâlage, le saviez-vous?).
A droite de nous serpentait doucement la Loire, et à gauche s'étendaient des kilomètres de prairie. Mais ne vous y trompez pas, car sous cette apparence de plat pays (jacques si tu nous regarde), se cachait un monticule de pierre d'une altitude de 80 cm au moins, qu'Elise entreprit de monter. Finalement, après une lutte acharnée elle atteignit le sommet, et montra toute sa rage de vaincre.

Pendant ce temps, les autres en profitaient pour casser une petite graine. C'est vrai qu'on avait déjà fait beaucoup de kilomètres (6 je crois), et il fallait bien récupérer de cet effort intense.

Mais en fait un seul homme avait vraiment besoin de récupérer: Julien, Poupou pour les intimes, n'avait pas voulu essayer nos vélos, et avait gardé son beau vélo de course Gitanes, qui lui donnait certes l'air d'un vrai coureur cycliste, mais qui lui faisait faisait surtout très mal au cul. On sentait d'ailleurs la douleur sur son visage :

Mais il fallait repartir, car il nous restait encore ... 5 km à parcourir (oui c'était du sport). Et après ces 5 km à un rythme toujours très soutenu, le pont de Thouaré se dressa dans toute sa superbe, devant nos joyeux cyclistes.
Ils savaient alors qu'ils pourraient se reposer, se désaltérer et goûter de bons produits, dans cette belle ville si paisible et interdite pour les véhicules de plus de 3,5 tonnes.

Tous se retrouvèrent chez Inès, membre active de Velocampus, qui accueillit très chaleureusement notre petite troupe, en leur offrant un festin de rois.

Au menu, chocolat équitable, quatre-quart, gâche artisanale, et Roudor et comme boisson, assortiment de thés parfumés, vin blanc avec du Nantillais, et jus d'Orange. Autant vous dire que nos joyeux cyclistes firent une bonne ripaille, sous l'oeil bienveillant de leurs hôtes.

Soudain, Poupou (vous vous souvenez, c'est celui qui avait le cul en feu) eut une idée lumineuse : en effet, il prit une serviette de son sac, et aménagea un complément de selle, plus confortable sous son pantalon (oui oui c'est bien une serviette).

Et tout content de son idée, il entreprit de tester cette nouvelle selle en prenant de l'avance sur les autres cyclistes, qui tranquillement prenaient leurs aises dans ce lieu paradisiaque.

Un quart d'heure plus tard, les sportifs se décidèrent à repartir, à un rythme "plus sportif". Et effectivement, le retour fut physique, et tout le monde était animé par la même motivation : rattraper Poupou. Mais, arrivés à la sortie du chemin de hâlage, aucune trace du cycliste au cul brûlé. C'est alors qu'un vent de panique s'empara de la troupe et les questions les plus invraisemblables fusèrent : s'était-il perdu à Thouaré, était-il tombé dans la Loire (car son vélo, en plus d'avoir une selle redoutable, n'avait pas de freins), ou bien était-il parti dans le mauvais sens, vers Ancenis. Mais non, il avait tout simplement speedé comme un ouf, et il était en train de récupérer son souffle devant la gare accès sud. Tout notre petit monde était rassuré et reprit gaiement la route du local (mais toujours à un rythme sportif).
Et, arrivé à la hauteur des quais de l'Erdre, Raymond prit en pitié ce pauvre Poupou, et lui offrit d'échanger, en lui prêtant son beau vélo orange et vert, avec siège cuir, frein ABS, auto-radio MP3 et système de suspension télescopique (et tout ça pour 40 euros, mais c'est génial). Et effectivement, si Raymond était là, il vous aurait dit que le vélo Gitanes était pourri, car il manqua deux fois de plonger dans l'Erdre.
Enfin, arrivés au local, nos sportifs étaient contents de ce dimanche riche en émotion, en suspension et en découvertes, et jurèrent de revenir et d'en parler aux autres. Alors parlez-en autour de vous, et à bientôt pour la prochaine balade (et y aura plus de photos promis).